Yann DAVIDSON, seul arbitre FIBA africain en basket 5X5 et 3X3

Morondava Autrement a eu le plaisir d’échanger avec l'arbitre international Yann Vezo DAVIDSON pour évoquer sa passion du basket, son parcours et son métier de coach, d’arbitre auprès des fédérations françaises et malgache, et officiel de la FIBA.

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Quand un malgache entre dans l'histoire du basket malgache et africain

Qu’est-ce que ce diplôme supplémentaire va apporter à une carrière déjà bien riche et les raisons de ce nouveau challenge ?
Je suis arbitre FIBA (Fédération Internationale de Basket) en basket 5x5 depuis août 2014, et titulaire d’une licence qui me permet d’arbitrer des compétitions internationales dans toutes les catégories séniors – hommes ou femmes - et juniors.

Yann davidson

En mars 2020, j’ai obtenu ma licence FIBA 3x3. En Afrique, nous sommes 5 arbitres sur les 8 candidats au titre, à l’avoir obtenu. Les épreuves s’étaient déroulées à Kampala (Ouganda) en novembre 2019.

Avec mon compatriote malgache, Tojo, nous faisons partie de la première promotion africaine à avoir réussi avec succès ce concours. Et, je suis effectivement le plus jeune arbitre de toute l’Afrique et d’Europe à posséder cette double certification FIBA. C’est une belle satisfaction après beaucoup d’efforts et de sacrifice consentis.

Le chalenge est lié au contexte de l’évolution du basket. Le 3x3 figure parmi les nouvelles disciplines olympiques des Jeux de Tokyo 2020, décalés en 2021 suite au COVID-19 et donc à ceux de Paris 2024.

Dans ce contexte, tout arbitre titulaire d’une licence 3x3 va disposer d’un champ d’opportunités supplémentaires en matière de rencontres et compétitions à arbitrer.

C’est pourquoi, j’ai décidé de passer le concours afin de confirmer mes compétences dans cette discipline, que je pratique depuis la saison 2016-2017.

J’ai même eu l’honneur d’officier une demi-finale lors de l’Open de France à Orléans, et finale lors du championnat de France à Dijon. Il est clair qu’avant d’apparaitre sur les grands circuits, il me faudra patienter, acquérir du savoir-faire et mes preuves.

Coach en club, officiel de Haut Niveau en France et arbitre international pour la fédération malgache

Comment devient-on arbitre de basket ?

Il faut aimer cette discipline avant tout. Pour ma part, je pratique le basket depuis mes années collège à Tamatave.

Quand j’ai décidé, en 2007 de faire de l’arbitrage mon métier, j’ai intégré différents stages organisés par la Fédération Française de Basket-ball (FFBB) et suivi des formations au niveau départemental, puis régional. C'est cette voie qui m’a permis d’accéder au Haut Niveau des Officiels pour pouvoir arbitrer en championnats de France ou territoriaux. Nous sommes environ 120 arbitres à officier à haut niveau.

En parallèle, j’ai passé les examens me permettant d’être accrédité auprès de la Fédération Malagasy de Basket-Ball (FMBB). Ce qui me permet d’arbitrer des rencontres nationales à Madagascar.

Vous avez officié pour le compte de la FIBA lors de l’African Basket League. Combien de rencontres en championnat avez-vous arbitré ?

Avec la FIBA, j’ai eu l’opportunité et le privilège d’officier sur les 3 championats majeurs du continent africain : l’Afrobasket de 2016, où j'ai arbitré en U18 Women et qui s'était déroulé en Egypte ; l'Africa Basketball League (BAL) et l'AfroCan de 2019, qui s'étaient tenus au Maroc pour la League et au Mali pour la Can.

En tant qu’arbitre international en basket 5x5, je suis en train de faire mes preuves et ça prend du temps pour construire une notoriété car, en Afrique, nous sommes très nombreux ; et, j’ai pour handicap d’être le plus jeune. Lorsque la BAL 2020 reprendra après le COVID-19, j’espère faire partie des heureux élus.

Quel est votre plus beau souvenir et l’arbitrage dont vous êtes le plus fier ?

Sans hésiter, mon match lors de la finale sur le tournoi international de Cholet (France) qui m’a permis, en 2018, d’accéder au Haut Niveau en France après un cursus de formation intensive qui avait duré 3 ans.

Quant à mon plus beau souvenir, c’est sans contexte le match amical de septembre 2019 où, j’ai eu l’honneur d’arbitrer sous le maillot d’un arbitre de JEEP ELITE dans une salle du stade mythique de Beaublanc à Limoges.

D’où vous vient cette passion pour le basket, et qu’est-ce qui vous plaît dans le métier d’arbitrage ?
En vérité, je suis un ogre de sports. Dans la cour de récréation de mon collège à Tamatave, je pratiquais différents sports : le foot, le volley, le hand et le basket.

Au départ, mon objectif était de devenir footballeur professionnel. Ayant vu mon rêve s’envoler en 2004, je me suis tourné vers le basket, avec pour ambition de venir arbitre de Haut Niveau.

Le rôle d’arbitre peut être perçu comme secondaire, alors qu’il est essentiel pour assurer le bon déroulement d’une compétition et garantir l’impartialité d’un match.

Arbitrer me permet de rester dans le monde de la compétition et du haut-niveau, de contrôler mes émotions, de tenir un groupe, de partager des performances entre arbitres.Il permet aussi de travailler son endurance physique, son mental et sa concentration, améliorer sa pédagogie, autant d'outils nécessaires pour asseoir son autorité sur le terrain, et construire une image d’intégrité.

Vous avez à peine 30 ans, parlez 4 langues couramment, acquis une belle notoriété dans votre milieu tant français que malgache. Une suite à cette belle aventure ?
J’ai envie d’écrire ma propre histoire pour laisser mon empreinte et un héritage qui rendrait fier mes proches, en particulier à Madagascar.
A court terme, c’est arbitrer le mieux possible à chaque compétition pour pouvoir continuer à évoluer dans différents circuits comme la JEEP ELITE au niveau français.

A moyen terme et au niveau international, il y a plusieurs rendez-vous : l’Afrobasket Men, la World Cup à long terme et pourquoi pas les Olympics Games avant la fin de ma carrière. Chaque match où je peux officier est un moyen supplémentaire pour améliorer ma technique pour mieux intégrer ces rencontres.

Arbitrer le mieux possible à chaque compétition pour s'améliorer

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Pouvez-vous nous rappeler votre parcours ?

J'ai navigué, enfant, entre Tamatave, d’où est originaire ma mère, et Morondava fief de ma famille paternelle, les DAVIDSON. D'ou mon deuxième prénom Vézo, qui est également celui de mon grand-père. En 2004, je quitte Madagascar pour poursuivre mes études à Toulouse, où je passe mon baccalauréat, ensuite l’université pour faire un STAPS (sciences et techniques des activités physiques et sportives).

En arrivant, j’ai commencé à m’entraîner au basket en club. On m’a très vite proposé d’encadrer des groupes et d’arbitrer des matchs pour me faire un peu de l’argent de poche. C’est comme ça que j’ai compris que je souhaitais en faire mon métier. Outre le travail d’officiel au FIBA, au FFBB, je suis coach-entraîneur au Club de Basket de Toulouse.

Un message ou conseil à adresser aux jeunes ?

Les recommandations que je peux donner aux jeunes malgaches en particulier c’est d’abord de se fixer des objectifs réalisables à court, moyen et long terme ; ensuite travailler chaque jour et beaucoup ; apprendre de ses erreurs et ne jamais se décourager.

Beaucoup rêvent de succès. Mais le succès ne peut être atteint qu’après une succession d’échecs et de remise en cause de soi. En fait, le succès représente 1% de votre travail, qui, si on ne fourni pas l’effort suffisant, est à l’origine de 99% de ce qu’on peut appeler échec.

 

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