Aménagement intégré et durable du littoral côtier de la commune urbaine de Morondava

France diplomatie morondava madagascar


  • Année de première signature de la convention : 2016
  • Thématique d'intervention Environnement, Climat et Energie
  • Sous-thématique d'intervention Protection / Gestion de l'environnement / Biodiversité
  • Année de début de projet 2016
  • Date de fin du projet 31/12/2019

CONTEXTE

L’avenir de Morondava est étroitement lié au débit du fleuve Morondava, lequel figure parmi l'un des plus grands fleuves de l’Ouest malgache. En effet, la Morondava étreint de ses 2 bras, Nord et Sud, la ville avant que leurs embouchures ne se jettent dans le Canal du Mozambique (Cf. annexes 2 et 3). Si les deux « membres » jouent un rôle essentiel dans la mise en valeur agricole de la plaine intérieure de Morondava, ils assurent par ailleurs les fonctions vitales de producteur et transporteur de matériaux sédimentaires vers la zone côtière.

L’équilibre entre ces deux bras est entretenu par des facteurs d’ordre naturels dont le premier, à caractère systématique, est la capture de l’une des deux rivières, associée aux effets de la houle et des courants littoraux ; le second, aléatoire, est la mise en charge de la nappe phréatique, liée aux années de forte pluviométrie et autres aléas climatiques (cyclones, sécheresse.)… Mais est également dû à des causes liées à l’action de l’homme sur le milieu : aménagements divers du bassin versant, déforestation, urbanisation, développement du tourisme…

Ainsi, il « suffit » d’un aléa climatique lourd (cyclones fréquents, fortes marées, pluies…) pour que le débit du bras Nord de la Morondava soit capté par le bras Sud pour laisser ce dernier complètement à sec.

Conséquences : plus d’eau douce d’irrigation pour les cultures du delta, diminution du débit des puits, augmentation de la salinité et de la pollution…

Les équilibres sédimentaires littoraux sont rompus :
l’insuffisance de matériaux prend le dessus sur l’alimentation engendrant un phénomène alternatif d’érosion marine et d’aspiration sur le secteur côtier. Une étude de 2010, menée par la Commission de l’Océan Indien (COI ) dans le cadre du projet Acclimate (stratégie régionale pour l’adaptation au changement climatique) signale « une vitesse moyenne de recul du trait de côte de 4m/an» pour Morondava. A ce rythme, la partie érodée est estimée à 2 m de profondeur et 3 km.

Aussi, la protection de la ville contre l’érosion marine ne peut être envisagée sans prise en compte des facteurs aval. C’est pourquoi, nous préconisons, en conformité avec les recommandations du Programme Régional pour l'Environnement de la COI (Cf. annexe 4), la mise en place d’actions urgentes permettant :

1. d’éviter la dégradation du littoral, grâce à des défenses souples (ganivelles, clayonnages, reprofilage des talus) et la végétalisation avec des espèces indigènes et endémiques ;
2. d’améliorer l'écoulement des eaux du bassin versant, afin de limiter les inondations et favoriser le transport des sédiments vers le littoral, renforçant ainsi les défenses contre l'érosion côtière.

HISTORIQUE

Les relations de la Région Réunion avec la Grande île sont anciennes puisque la Région dispose d'une représentation permanente à Antananarivo, depuis 2002.

Sa mission est d’accompagner la mise en oeuvre de la politique de coopération de la collectivité. A noter, par ailleurs que la Région soutien un dispositif important de Volontaire de Solidarité Internationale (VSI) avec plus d’une vingtaine de jeunes en poste actuellement à Madagascar. L’Alliance Française de Morondava a pu bénéficier de ce dispositif par le passé.

Dans le cadre de la programmation INTERREG 2014-2020, la Région Réunion autorité de gestion des fonds européen et l'Etat malgache prévoient de signer, au cours du second semestre 2016, un accord-cadre de coopération régionale.
Cet accord constitue un préalable à la mise en œuvre d'une convention spécifique entre la Commune de Morondava et la Région Réunion. Dans l'immédiat, une lettre d'intention réaffirmant la volonté des deux parties de coopérer sur différents champs thématiques a été signée le 25 avril 2016 (Cf. annexe 5).

Par ailleurs, dans le cadre de la programmation INTERREG V, la Région Réunion initiera des programmes d’actions dans le domaine dans le domaine de la cartographie.
A ce titre, Morondava bénéficiera notamment d’un SIG communal, pour lequel son Conseil a d’ores et déjà pris une délibération. La même démarche a été entreprise du côté de la Région Réunion le 5 juillet 2016 dernier.
Cette démarche va permettre d’accompagner le présent projet à travers notamment la mise en place d’ un SIG dédié à la gestion littorale, tel que préconisé dans le rapport PRE COI (GREEN OI). Les différents programmes d'actions initiés sur la commune de Morondava constituent une opportunité de mutualiser les moyens et d'établir des synergies fortes.

OBJECTIF DU PROJET

Objectifs locaux : Ce programme vise à faire de Morondava une ville résiliente aux impacts liés aux changements climatiques (érosion côtière, submersion marine, inondation, fréquents passages de cyclone de plus en plus violents…). Selon le rapport de la Convention-cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC), « la submersion de la zone côtière, la sécheresse et la salinité auront sans nul doute une influence catastrophique considérable sur les systèmes naturels ». Rappelons que Morondava est une ville côtière urbaine importante : avec ses 90 000 hab, elle figure parmi les 10 plus grandes villes du pays. Elle est par ailleurs une destination balnéaire très prisée et constitue un hub touristique essentiel pour accéder à des sites remarquables, dont certains sont classés au patrimoine mondial de l’UNESCO ou réserve de biosphère.

Objectifs en France : La prise de conscience mondiale sur le climat (Rio, Cop 21,...) constituent une opportunité forte de positionner la France comme un acteur incontournable et majeur pour lutter contre les effets des changements climatiques au travers l'expertise développée tant dans le secteur public que privé.
Cette démarche contribue à la réalisation des objectifs de développement durable des nations unies :

  • Objectif 11 :
  • Faire en sorte que les villes et les établissements humains soient ouverts à tous, sûrs, résilients et durables.
  • Objectif 13 :
  • Prendre d’urgence des mesures pour lutter contre les changements climatiques et leurs répercussions.
  • Objectif 15 :
  • Préserver et restaurer les écosystèmes terrestres, en veillant à les exploiter de façon durable, …., enrayer et inverser le processus de dégradation des sols et mettre fin à l’appauvrissement de la biodiversité.

DESCRIPTION DETATILLEE DU PROJET

Ce projet consiste à mettre en oeuvre deux opérations indissociables qui permettent de lutter contre l’érosion côtière, la submersion marine et l'inondation de la ville de Morondava.

La première consiste à intervenir sur la partie littorale pour lutter contre les effets du vent et fixer les sables des dunes au travers des défenses souples associant du génie civil et végétal. La seconde porte sur la remise en état par curage et faucardage du réseau hydrographique du bassin versant amont, lequel joue un rôle de stabilisateur côtier.
En effet, celui-ci fournit en sédiments le cordon dunaire tout en limitant les impacts des inondations.

Par ailleurs, des mesures d'accompagnement sont envisagées (programme d'éducation environnemental, Système d'Information Géographique, mobilisation des acteurs locaux,…) afin d'inscrire cette démarche dans un cadre responsable, participatif et durable.

MISE EN OEUVRE DU PROJET

  • Maître(s) d'ouvrage : Conseil régional de la Réunion, Commune Urbaine Morondava (CUM)
  • Bénéficiaire(s) : Ce projet vise à protéger la population de Morondava (90 000 hbts) de l'érosion côtière et des inondations mais également à maintenir et à développer les activités (touristiques, ...). Il constitue une opportunité pour des acteurs réunionnais comme le BRGM et le Conservatoire du Littoral de développer une expertise sur la question fondamentale de la préservation des Biens Publics Régionaux (biodiversité, climat, risques).
SOURCE : https://pastel.diplomatie.gouv.fr

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

Alliance francaise 1